Enseignante. Esprit novateur. Fondatrice. Chercheuse. Mentor. Voici quelques-uns des qualificatifs qui viennent à l’esprit lorsque l’on se penche sur le passé d’Isobel Robinson. Isobel est décédée le 22 avril dernier, à l’âge de 93 ans. Elle a laissé un legs à l’ergothérapie qui ne s’effacera pas avec le temps.

Isobel avait une passion incomparable pour l’ergothérapie, qui s’est traduite par de grandes réalisations au fil des décennies. Par son leadership, elle a changé le monde de l’éducation en ergothérapie au Canada; elle a contribué à la fondation de plusieurs organismes clés qui ont grandement favorisé le développement de la profession et elle a fait des contributions importantes aux plans provincial, national et international.

Née en 1915, Isobel a grandi à Hamilton. Pendant ses études à la McMaster University, elle a commencé à s’intéresser à l’ergothérapie, après avoir entendu parler du travail réalisé par une ergothérapeute au « Hamilton San », c’est-à-dire le Hamilton Mountain Sanatorium (un sanatorium pour les personnes atteintes de tuberculose). Elle a déménagé à Toronto pour suivre le programme offert à l’University of Toronto et elle a décroché un diplôme en ergothérapie en 1939. Elle a obtenu son premier emploi clinique au Ontario Hospital de Toronto, qui fait maintenant partie de ce que l’on connaît sous le nom de Centre for Addiction and Mental Health.

En 1943, on a demandé à Isobel d’enseigner au programme d’ergothérapie offert à l’University of Toronto. Sa carrière à titre d’enseignante s’est étendue sur plus de quatre décennies et elle a été témoin du passage de la formation des ergothérapeutes d’un programme menant à l’obtention d’un diplôme enseigné dans le département d’extension de l’University of Toronto à un programme de baccalauréat en science (ergothérapie) de quatre ans. Le leadership d’Isobel a été déterminant dans ce changement, qui a permis de rehausser le niveau de formation de la profession. Elle fait aussi partie des personnes qui ont veillé à ce qu’un programme soit mis sur pied pour permettre aux personnes détenant un diplôme de faire la mise à niveau de leurs compétences et d’obtenir un baccalauréat.

En 1967, Isobel est devenu la directrice de la Division of Occupational Therapy au sein du Department of Rehabilitation Medicine de l’University of Toronto. Enthousiaste à l’idée d’encourager les éducateurs en ergothérapie à communiquer entre eux, elle a été l’une des forces d’impulsion au sein du regroupement qui est éventuellement devenu l’Association canadienne des programmes universitaires en ergothérapie. Pendant cette période, Isobel a également terminé son propre baccalauréat, faisant montre d’un engagement envers l’apprentissage tout au long de la vie.

Après avoir enseigné pendant 37 ans, Isobel a pris sa retraite de l’enseignement en 1981,mais elle a tout de même continué à travailler. En effet, elle a commencé à se consacrer à l’histoire de l’ergothérapie et elle est devenue la première archiviste de l’ACE. Elle jetait aussi un regard sur l’avenir et aimait contribuer au développement de la profession. En 1973, Isobel a participé à l’incorporation de Community Occupational Therapists and Associates (COTA), un organisme communautaire sans but lucratif qui a permis d’établir les services d’ergothérapie dans la communauté.

En 1983, elle a participé à la création de la Fondation canadienne d’ergothérapie (FCE), qui a été établie pour appuyer la recherche et les bourses d’études dans le domaine de l’ergothérapie et qui poursuit toujours son travail aujourd’hui. Parmi les prix de la FCE, on retrouve la subvention Isobel Robinson pour la recherche en histoire, qui soutient les personnes qui font des recherches sur l’histoire de l’ergothérapie au Canada.

Il n’est pas étonnant de constater qu’au cours de sa vaste carrière, Isabel a reçu un diplôme honoraire de l’University of Alberta. Elle a également été membre à vie de l’Ontario Society of Occupational Therapists, de l’Association canadienne des ergothérapeutes et de la Fédération mondiale des ergothérapeutes—trois organismes au sein desquels Isobel a occupé des postes très diversifiés.

Dans son éloge, la Dre Judith Friedland, professeure émérite en science de l’occupation et en ergothérapie à l’University of Toronto—elle-même une étudiante d’Isobel—a dit : « La mort d’Isobel marque la fin d’une époque en ergothérapie. Nous sommes vraiment privilégiés de la compter parmi les membres de notre profession et nous nous souviendrons d’elle à jamais ».